A l'heure où l'on tord l'humour afin qu'il ménage toute forme de susceptibilité, qu'il ne froisse absolument personne ni ami imaginaire ou autre animal de compagnie, je suis très impatient d'atteindre le rivage un peu étroit de ma future petite retraite.
Loin de moi cette rengaine saugrenue du "on ne peut plus rien dire" , attention, ne pas confondre !
Ceux et celles qui déblatèrent ce genre de connerie à longueur de comptoirs l'utilisent souvent pour maugréer de ne plus pouvoir causer de bougnoule, de nègre, de youpin, de gouine , de pédé, etc... et cela, et c'est important, sans aucun humour même si dans certains cas pathologiques (tel Dieudonné) on tente de camoufler sous un nez rouge mal dégrossi un joli petit fasciste pitoyable.
Parce qu'avec l'humour, on peut tout dire ! Et oui on peut rire de tout !Absolument de tout et même avec n'importe qui ! Celui qui feindra la vexation ou, plus à la mode, l'incompréhension hé ben tant pis pour lui, il manque juste un petit peu de connexions synaptiques et l'humoriste n'a en général ni vocation de médecin, ni de psychiatre , ni d'éducateur ou que sais-je encore pour tenter d'alléger les souffrances d'un tel cas désespéré.
Qu'on ne me parle pas non plus de "politiquement correct", toujours dénoncé autant que le "wokisme" par les adeptes du "on ne peut plus rien dire" entre deux Picon-Ricard.
Bien entendu, et comme pour tout, il y a des extrêmistes comme ce jour où je vis ce tract commençant par "Sans-Papiers, Sans-Papières", cette copine militante LGBTQIA+ qui me raconta hébétée que venait d'intégrer dans son collectif une personne qui demandais à être respectée en tant que "chien" puisqu'il se sentait "chien" ou plus récemment quand je lu le terme de "GIRLCOT" pour ne pas dire "BOYcot" ( qui peut trouver cela MEREtinent , quelle FEMMOsapiens et quel HOMOsapiens, sans parler des HETEROsapiens ?). Bon, je ne peux pas tout citer mais c'est assez amusant, le drame ayant toujours été une bonne accroche à l'humour. Le bonheur c'est bien mais ça n'a jamais fait rire personne.
Je me rassure parfois en me disant que ces excès sont peut-être dû au fait qu'enfin on respecte chacune et chacun, comme il/elle est, comme il/elle se sent, fait, aime ou pas. Mais bon, parfois quoi...
L'Humour lui n'a pas d'extrémistes, il y a des formes d'humour qu'on sait apprécier et d'autres moins. En général, l'évolution du cerveau humain depuis quelques milliers d'années devrait alors nous amener à délaisser simplement cet humour qui ne nous parle pas pour s'en aller voir ailleurs.
Mais non, apparemment maintenant si vous êtes plus Stéphane Collaro et Benny Hill il faut chier sur les Monthy Piton et Pierre Desproges.
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Quand en plus la religion, cet étrange parachute inventé pour s'imaginer qu'on se vautrera moins la gueule sur le sol du réel après la mort (personnellement, si ça vous fait du bien, j'ai rien contre mais ne venez pas pour autant me déposer un étron sur mon paillasson parce que j'ai pu pisser des dessins dans le bénitier), quand en plus la religion, disais-je, s'en mêle ça donne le 07 janvier 2015. Entre autres joyeusetés.
On peut toujours tout dire. C'est juste qu'il faut bien savoir avant que l'on risque de se prendre quelques, a minima, mauvaises réactions en contre partie. Bha, c'est tout. Après si ça va trop loin, dans un cas comme dans l'autre, il y a toujours le recours à la Loi et à la Justice. C'est ce qu'on appelle un monde civilisé.
Non, le vrai problème vient des humoristes eux-mêmes, souvent des primos arrivants (dans le cas contraire c'est plus grave, un internement s'imposant), se bridant eux-mêmes, soucieux de ne pas déplaire au choix à la direction du théâtre, du journal, de la radio, de la télé, aux réseaux sociaux (comme je suis heureux de m'en tenir fort éloigné), aux politiques, aux gens, à quelqu'un, à mon chien, à mon cul, ...
Et le pire c'est que ça m'arrive à moi-même !
Dessinant un skin-head patibulaire frappant un maghrébin en l'insultant j'ai écrit dans sa bulle pour figurer ses paroles "Dehors les arabes!". Le naturel, la logique aurait voulu que j'écrive comme j'avais initialement prévu de le faire "Dehors les bougnoules!", n'oublions pas que c'est censé être un fasciste pur jus qui cause, mais à 54 ans je commence à avoir une certaine expérience autant qu'une profonde lassitude. J'ai donc gommé et remplacé "les bougnoules" par "les arabes", m'évitant ainsi par avance un coup de fil du journal pour me demander très certainement de rectifier.
Il faut que dire que, pour un autre support, on m'avait demandé de gommer les boucles d'oreilles à une dame que j'avais dessiné. "Les boucles d'oreilles c'est stigmatisant" (dixit) m'avait-on alors expliqué. Je n'ai pas cherché à discuter. Après tout le client est roi et je préfère écouter mon intégrale de Pink Floyd plutôt que la douce musique d'un violon dans lequel on pisse.
Et j'en passe dans le même goût. Comment s'étonner alors de voir fleurir de nouveaux dessinateurs de presse adeptes des drapeaux qui pleurent à foison et de petites colombes de la Paix ?
C'est un peu comme "Charlie-Hebdo". Combien de fois, encore maintenant , n'a-t-on dit qu'ils allaient "trop loin" ?
C'est toujours tout le problème, "Charlie-Hebdo" n'a pas bougé d'un puce, leur humour est toujours resté sur la même ligne, ce sont les autres qui ont reculé.
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Maintenant il y a des nouveaux humoristes sur France Inter.
Moi j'écoute mon intégrale de Pink Floyd.
Sauf le dimanche soir. Là j'écoute Radio Nova.
PS: il serait bon de revoir "Tout le monde il est beau tout le monde il est gentil", on croyait que c'était un film comique, c'était un film d'anticipation.
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